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Femmes sans-abri et victimes de violences de genre : l’AMA dit STOP !

A Bruxelles, les femmes représentent environ 20% de la population totale des sans-abri et mal logés, d’après le dernier dénombrement effectué par Bruss’help en novembre 2020. Ce nombre est largement sous-évalué, les femmes étant plus nombreuses que les hommes à faire appel à leur réseau informel pour trouver un hébergement provisoire. En Wallonie, selon un dénombrement récent mené dans plusieurs villes qui prennent en compte ce sans-abrisme caché, elles représentent plus de 27% du total de la population recensée.

Nous observons que dans les structures d’accueil et les centres d’hébergement d’urgence, la proportion de femmes ne cesse d’augmenter et une femme sur deux hébergée en maison d’accueil se déclare victime de violences de genre. Ces femmes sont souvent accompagnées de leurs enfants, eux-mêmes victimes de violences intrafamiliales. L’étude menée actuellement par l’AMA sur l’impact de la crise sanitaire sur les victimes de violences conjugales et intrafamiliales montre que les services sont en difficulté pour accueillir ces femmes. Le secteur doit en effet faire face à un manque récurrent de places, phénomène  encore accentué durant la pandémie en raison des restrictions sanitaires imposées.

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L’AMA, plus que jamais, dit stop aux violences faites aux femmes et exhorte les autorités publiques à poursuivre leurs efforts pour assurer aux femmes sans-abri et à leurs enfants un hébergement adapté et stable, les aidant, à long terme, à sortir de la spirale des violences et du sans-abrisme.

Afin de soutenir le secteur, l’AMA poursuit par ailleurs son offre de formations spécifiques sur les violences conjugales et intrafamiliales et le soutien à la parentalité et favorise la réflexion en organisant des groupes de travail dédiés à ces thèmes.

Visuels Violences génériques
La thématique des violences conjugales et intrafamiliales est travaillée depuis plusieurs années par la Fédération des maisons d’accueil et des services d’aides aux sans-abri (AMA asbl) qui la considère comme une question centrale de ses actions car elle concerne l’ensemble des publics du secteur.  Les victimes sont majoritairement des femmes et les enfants qui les accompagnent. Les services du secteur de l’aide aux sans-abri accompagnent aussi les auteurs.

Par ailleurs, la Belgique a mis en œuvre des politiques de lutte contre les violences envers les femmes à travers ses Plans d’Action Nationaux successifs (PAN). Dans ce cadre, plusieurs dispositions récentes ont été adoptées tant en Wallonie qu’à Bruxelles pour améliorer l’accueil et l’accompagnement des victimes de violences conjugales et intrafamiliales qui se sont traduites principalement par un renforcement des capacités d’accueil et des personnels dédiés.

Malgré ces avancées, le secteur peine toujours à répondre adéquatement à la demande croissante d’hébergement des victimes, comme le souligne le rapport sur la Belgique publié en 2019 par le GREVIO, organisme émanant du Conseil de l’Europe chargé de la vérification de la correcte mise en œuvre de la Convention d’Istanbul dont la Belgique est signataire. L’organisme a constaté le manque de place d’hébergements pour les victimes et a exhorté les autorités belges à prendre les mesures nécessaires pour garantir aux victimes et à leurs enfants l’accessibilité à des services de soutien spécialisés et à des refuges appropriés.

C’est dans ce contexte qu’est survenue la crise sanitaire du Covid-19 dont différentes études ont montré que cette dernière avait exacerbé les violences faites aux femmes. Face à cette situation inédite, pour répondre aux besoins d’hébergement croissants, et en complément des maisons d’accueil existantes, des dispositifs d’hébergement ont été ouverts spécifiquement pour accueillir les victimes (hôtel, centre d’hébergement d’urgence).

Au-delà du constat récurrent du manque de places d’hébergement, la période est propice à des interrogations sur les capacités du secteur à répondre adéquatement à l’accueil des victimes de violences conjugales et intrafamiliales, particulièrement en période de crise, en ce qui concerne, notamment, laccueil d’urgence, l’accompagnement spécifique des enfants ou la gestion des relations avec l’auteur des violences. La question de la formation des travailleurs·euses et de leurs besoins est également centrale.

Une étude pour mieux comprendre

Dans ce cadre, l’AMA lance en 2022 une recherche sur l’impact de la crise sur les victimes de violences conjugales et intrafamiliales. L’objectif de cette étude est de dresser un état des lieux des dispositifs mis en place dans le secteur de l’aide aux sans-abri en donnant la parole aux travailleurs.euses des services et en interrogeant des victimes qui accepteront de témoigner.

Avec le soutien de :

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