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A la campagne, les sans-abris éprouvent beaucoup plus de difficultés qu’en ville

Pour les sans-abris qui vivent en pleine campagne, il est très difficile de trouver un endroit pour passer la nuit au chaud. Car les abris de nuit existent surtout dans les grandes villes comme Charleroi.

Dans la botte du Hainaut, par exemple, à Bourlers, près de Chimay, la Clairière est la seule maison d’accueil de la région. Avec ses treize places, elle doit actuellement refuser du monde.

La Clairière, c’est une maison familiale située à côté de l’école du village. Les résidents y sont seuls, en couple ou avec un enfant. Ils ont souvent passé du temps dehors avant d’aboutir ici. Arlette a 77 ans et elle est arrivée il y a quelques heures à peine: « Je suis ici parce que un de mes fils m’a mis à la porte. Enfin sa femme surtout. Alors, j’ai logé dans une remise. Puis, comme j’ai quand même une carte de bus, je suis partie à Charleroi parce que par ici il n’y a rien. Ici, sur le trottoir ça va vite: excusez-moi de dire ça mais tu peux crever. Ici il n’y a même pas une banque. On ne peut pas se réchauffer dans le hall d’une banque. A Chimay oui mais pas la nuit. »

Grâce à la bière trappiste

Brandon a 20 ans et partage une chambre avec Ludovic. Il a un PC, internet et la musique. Il raconte: « J’ai été quatre ans dans un foyer pour jeunes et j’ai décidé ensuite de voler de mes propres ailes. Et ça a été la chute libre ! J’ai envie de partir vers la grande ville où on trouve plus facilement du travail et un logement. Dans les petits villages comme ici, le travail c’est dans des superettes alors que dans une grande ville, il y a plus de grands magasins et des structures qui permettent de trouver un emploi. »

Le centre d’accueil La Clairière de Bourlers a été créé grâce au soutien des moines de l’abbaye de Scourmont, ceux qui font la bière de Chimay.

Pour Anne Martin, la présidente de la maison d’accueil, ce projet était vital dans la région: « C’est pas difficile: il n’y avait rien. Et donc les échevins des affaires sociales étaient tout le temps sollicités. Et c’était la débrouille quoi. »

La débrouille à la campagne qui passe par des coups de main à gauche et à droite: une solidarité essentielle certes mais pas pas suffisante.

 

Mathieu Van Winckel, Daniel Barbieux

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