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Le 10 octobre, c’est la Journée Internationale des Sans-Abri. Cette journée permet d’attirer l’attention du monde entier sur les besoins, au niveau local, des personnes mal-logées et sans abri, et d’encourager les communautés à s’engager dans la lutte contre le mal-logement.
A cette occasion, l’AMA a organisé le 11 octobre 2021 à Bruxelles sa 4ème AMA’Politique. Cet évènement est un moment de rencontre et d’échanges entre les professionnel·les du secteur de l’aide aux personnes sans abri et leurs représentant·es politiques, tant bruxelloi·ses que wallon·nes. De plus, une réforme de la législation du secteur est en cours en Région wallonne, et un partenariat bruxellois en place depuis 9 ans se clôture cette année – le Dispositif 86.400. C’est pourquoi, nous avons désiré mettre en lumière le travail des services d’accueil de jour des deux régions.
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Plus concrètement, de quoi avons-nous parlé ?

  1. Introduction – Des accueils de jour pas comme les autres | Élisabeth Deladrie co-présidente et Jean-Luc Breda , de l’AMA
  2. 86.400 secondes pas comme les autres | Clara Mennig de l’AMA & Vukicevic Mladen de Jamais sans toit à Bruxelles
  3. Un « accueil’pagnement » pas comme les autres | Stéphanie Cassilde de Comme Chez Nous à Charleroi
  4. Une collaboration pas comme les autres | Stéphanie Lecat de Braséro & Pauline Devos du service de santé mentale de Tournai
  5. Intervention de Monsieur Alain Maron, Ministre  de l’Action sociale au gouvernement bruxellois
  6. Intervention de Madame Kristel Karler, conseillère politique auprès de Madame Christie Morreale, Ministre de l’action sociale au Gouvernement wallon
  7. Un témoignage pas comme les autres | M. Kalid Sakou, usager de Source – La Rencontre à Bruxelles
  8. Des échanges pas comme les autres | Q&R avec des représentant·es politiques bruxellois et wallons
  9. Mot de clôture

Petite introduction historique

Elisabeth Deladrier, co-présidente bruxelloise de l’AMA & Jean-Luc Breda, administrateur wallon de l’AMA 

C’est le 21 février 2014 qu’en prévision des élections européennes, fédérales et régionales de mai 2014, s’est tenue, ici même à la salle Rodelle, la toute première AMA’politique Bruxelloise qui s’était articulée autour du mémorandum de la fédération.  L’AMA’politique Wallonne s’était, quant à elle, tenue à Namur quelque jours plus tard.

On y avait abordé des thématiques encore bien présentes aujourd’hui telles que : la consolidation de notre secteur, la réforme de l’Etat, les jeunes et les enfants, le dispositif hivernal ou encore les services d’accueil de jour.

La seconde AMA’tinée s’est, quant à elle, organisée suite aux élections parlementaires fédérales, régionales et européennes de mai 2019, et a eu lieu le 10 octobre 2019, journée internationale des sans-abris.  Cette AMA’politique avait, pour l’occasion, été découpée en une matinée d’échanges à Bruxelles et une après-midi à Namur.  Nous y avions discuté autour des engagements de la nouvelle législature envers les personnes sans abri.

Quatre thématiques, en lien avec le mémorandum de l’AMA, avaient alors été abordées :

  • L’amélioration des dispositifs d’évaluation des besoins
  • L’amélioration de l’accompagnement des personnes sans-abri
  • La sortie de la précarité par le logement
  • Le soutien des projets existants et innovants

La troisième AMA’tinée fut Wallonne et s’est déroulée en visio-conférence, covid oblige, avec quand-même plus de 60 participant·es, le 8 décembre 2020 – avec pour trame de fond la question suivante : « Et si les services d’aide aux sans-abri n’existaient pas ? ».  Lors de cette matinée, les administrateur·trices wallon·nes de l’AMA avaient souhaité interpeller les représentantes de la Ministre Morreale sur différentes thématiques liées à la lutte contre le sans-abrisme. De par leurs expériences professionnelles et leurs réalités de terrain, ils·elles avaient notamment pu mettre en avant la nécessité de mettre en place une approche transversale et coordonnée de la lutte contre le sans-abrisme.

Durant cette 4ème AMA’politique, nous avons désiré mettre en lumière le travail des services d’accueil de jour des deux régions.

En effet, une réforme de la législation du secteur des personnes en difficultés sociales et sans-abri est en cours en Région wallonne. L’AMA est directement associée aux concertations avec la Ministre Morreale dans le cadre de cette refonte de la législation.  Cette réforme comprend la création d’une nouvelle législation portant sur la reconnaissance des services d’accueil de jour pour les personnes sans abri et en grande précarité.

En effet, ces services fonctionnent depuis des années mais ils n’ont, à ce stade, aucune reconnaissance légale, ni subventionnement pérenne au niveau de la Région wallonne, à l’instar d’autres services.  Il en existe pour le moment 17 répertoriés par l’administration sur l’ensemble du territoire wallon.  Depuis le début de cette année, nous rencontrons, à intervalles réguliers, le Cabinet de la Ministre Morreale et l’administration pour travailler sur ce nouveau cadre, pour qu’il puisse coller au mieux aux réalités diverses des services de terrain.

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Comme vous le savez, les enjeux liés à la lutte contre le sans-abrisme sont de plus en plus nombreux et accentués par la crise sanitaire.  Les problématiques rencontrées par les acteurs de terrain et par les personnes vulnérables se complexifient : accès à la santé, assuétudes, problématique de santé mentale, accès au logement, etc.  Dans cette diversité des problématiques, les services d’accueil de jour sont un des services indispensables à la lutte coordonnée contre le sans-abrisme !  Ainsi, la Ministre a lancé un appel à projet à hauteur de 600.000€ pour les services d’accueil de jour répertoriés en Wallonie, afin de lancer leur future reconnaissance, prémisse d’une reconnaissance structurelle que nous revendiquons depuis plusieurs années.  L’objectif du Cabinet est une entrée en vigueur en 2023 de la nouvelle législation.  L’année 2022 s’annonce donc encore chargée pour poursuivre le travail de reconnaissance de ces services et du travail de qualité qu’ils réalisent quotidiennement sur le teritoire wallon.

Quant à la Région Bruxelloise, la règlementation COCOM, en vigueur depuis 2002, agréait et subventionnait des centres d’accueil d’urgence, un asile de nuit, des maisons d’accueil, des travailleurs de rue et des services de guidance à domicile mais pas de services d’accueil de jour.  Cette règlementation a été revue en juin 2018 dans le cadre d’une nouvelle ordonnance pour une politique régionale d’aide d’urgence et d’insertion des personnes sans abri.  Et c’est dans ce cadre que des services bruxellois comme les centres de jour pourront désormais être reconnus et subsidiés structurellement par la COCOM.  Cette nouvelle règlementation ayant dû être complétée par l’adoption de plusieurs arrêtés et, l’objectif restant, aux dernières nouvelles, une entrée en vigueur de l’arrêté modifié et de ses agréments ce 1er janvier 2022, c’est la raison pour laquelle nous avons désiré mettre en lumière, aujourd’hui, ces maillons essentiels de l’aide aux sans-abris que sont les services d’accueil de jour.

Et qui dit services d’accueil de jour à Bruxelles dit bien entendu Dispositif 86.400, magnifique projet de partenariat de services d’accueil de jour bruxellois, en place depuis 9 ans et qui se clôture cette année 2021.

 

86 400 secondes pas comme les autres

Clara Mennig de l’AMA & Vukicevic Mladen de Jamais sans toit à Bruxelles

Le nom « 86.400 » vient du fait qu’une journée complète compte 86.400 secondes. 86.400 secondes durant laquelle une personne sans-abri doit trouver des solutions pour se mettre à l’abri, aller aux toilettes, manger, boire, se laver, se soigner, etc… L’idée était d’attirer l’attention sur le fait que l’aide aux personnes sans-abri ne se limite pas à la nuit et aux seuls centres d’hébergement d’urgence, et que les actions doivent se déployer et être renforcées tout au long de la journée.

Ce qui a fait la spécificité du Dispositif 86.400, depuis sa 1ère édition en 2012 jusqu’à la dernière en 2021, c’est que le projet est le résultat d’un travail de coopération et de réseau. Les 12 services partenaires ont choisi de ne pas travailler « chacun dans leur coin », mais de se mettre autour de la table et de réfléchir à des actions communes, afin de répondre au mieux aux besoins des usagers.

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Couverture Rapport Annuel Dispositif Hiver 2020-2021(1)

Par ailleurs, il y a eu une réelle volonté de décloisonnement :

  • Décloisonner l’hiver et le reste de l’année
  • Décloisonner les actions
  • Décloisonner les accompagnements, entre l’urgence et l’insertion.

Cette édition 2020-2021 était la 9ème édition du Dispositif, et sera la dernière.  En effet, le budget sera désormais intégré au fonctionnement annuel et structurel des centres de jour, qui seront prochainement agréés par la Cocom à partir de 2022.  Il permettra de renforcer le cadre du personnel sur toute l’année, et de sortir de la logique hivernale.

Téléchargez l’intervention complète ici :

Pour plus d’infos sur le Dispositif 86.400, téléchargez le rapport d’activités 2020-2021 ici :

Un « accueil’pagnement » pas comme les autres

Stéphanie Cassilde de Comme Chez Nous à Charleroi

Pour marquer son vingt-cinquième anniversaire, l’asbl Comme Chez Nous a publié l’ouvrage « Construire avec les naufragés. Un accueilpagnement psycho-médico-social des personnes sans-abri ». Il témoigne et partage toute l’expérience emmagasinée au cours des 25 dernières années par l’asbl, à laquelle l’Europe et la Wallonie apportent leur soutien.  Ce livre est la concrétisation de 25 ans de travail, d’expériences et de compétences pyscho-médico-sociales accumulées par l’asbl.

« Accueil’pagnement » est le mot que nous choisissons pour décrire notre approche de travail psycho-médico-social à 360 degrés avec les personnes en situation de sans-abrisme et de très grande précarité.  Il s’agit de toujours mobiliser deux dynamiques en même temps.

D’une part, accueillir, souvent dans l’urgence, les personnes qui se présentent à l’accueil de jour « bas seuil ». Dans ce cadre, il s’agit de répondre aux besoins primaires : pouvoir se poser, se nourrir, se laver, d’être écouté dans sa situation d’ici et maintenant.

D’autre part, accompagner, c’est-à-dire travailler sur la dimension structurelle de la trajectoire de la personne. Il s’agit alors d’accompagner dans des démarches sociales notamment afin que la personne puisse s’éloigner de sa situation de sans-abrisme. L’accueilpagnement, c’est l’articulation des solidarités chaudes et froides telles que les nommait Paul Trigalet, fondateur de l’ASBL. Nous le mettons en œuvre 365 jours par an.

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Si vous souhaitez parcourir « Construire avec les naufragés. Un accueilpagnement psycho-médico-social des personnes sans-abri », le livre est disponible sur simple demande auprès de l’asbl Comme Chez Nous.

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Une collaboration pas comme les autres

Stéphanie Lecat de Braséro & Pauline Devos du service de santé mentale de Tournai

Le Service de Santé Mentale du Tournaisis (SSMT) a une mission spécifique en assuétudes.

En 2013, il s’est engagé dans le projet Braséro pour aller à la rencontre d’un public précaire, en errance, et touché majoritairement par des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Ce public est peu rencontré car il n’arrive pas à franchir la porte des services de santé mentale ou même parfois de toute autre institution en santé. Notre SSM s’est donc associé à différents acteurs de terrain de Tournai pour tenter de répondre aux difficultés rencontrées dans le travail d’accompagnement des personnes à la rue et en grande précarité. Depuis 2016, il a fait un pas supplémentaire en devenant porteur de Braséro.

Téléchargez ci-dessous l’intervention complète de Braséro, comprenant la description de deux situations cliniques.

Interventions de Monsieur Alain Maron, Ministre de l’Action sociale du Gouvernement bruxellois, et de Madame Kristel Karler, conseillère politique auprès de Madame Christie Morreale, Ministre de l’action sociale du Gouvernement wallon

Monsieur Alain Maron et Madame Kristel Karler se sont exprimés au sujet de la place des centres de jour dans les paysages bruxellois et wallons, des réformes du secteur et des budgets débloqués, des services qui ne sont pas encore agréés…

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Téléchargez l’intervention de Monsieur Alain Maron

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Téléchargez l’intervention de Madame Kristel Karler

(à venir)

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Un témoignage pas comme les autres

Monsieur Kalid Sakou a raconté son parcours et son arrivée en 2019 auprès du service d’accueil de jour « La Rencontre » à Bruxelles.  Monsieur a souligné ce que ce lieu lui apportait et ce qui devrait être amélioré à Bruxelles.  Il était accompagné de Alice Besème, coordinatrice de « La Rencontre ».

Des échanges pas comme les autres

A la fin de cette matinée, plusieurs représentant·es politiques ont été invité·es à s’exprimer au sujet des centres d’accueil de jour.  Ce panel de personnalités politiques était composé de membres des Parlements des deux régions et de différents partis politiques :  

  • John Beugnies, Député PTB au Parlement de la Région wallonne ;
  • Marie Nagy, Députée Défi au Parlement bruxellois et Conseillère Communale à la Ville de Bruxelles ;
  • Delphine Chabbert, Députée PS aux Parlements bruxellois et à la Fédération Wallonie-Bruxelles ;
  • Céline Fremault, Députée CdH au Parlement bruxellois.

Diana Nikolic (Députée MR aux Parlements de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles) et Laurent Heyvaert (Député Ecolo aux Parlements de la Région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles) ont malheureusement dû annuler leur présence. 

La première question qui leur a été posée consistait à réagir, en quelques mots, sur leurs ressentis concernant les présentations entendues durant la matinée.  Plusieurs idées sont revenues :  

  • l’admiration pour les équipes des centres de jour, pour leur accueil et leur hospitalité dans leur travail, mais aussi pour les personnes sans-abri qui, par leur parcours, montrent qu’il y a de l’espoir et du positif partout
  • l’urgence et le préventif sont deux mots qui sont également ressortis et qui devraient pouvoir se combiner et non s’opposer.  Une grande indignation et une envie d’avancer se sont aussi fait ressentir dans les interventions, à la vue de l’augmentation du nombre de personnes sans-abris.  

Les représentant·es politiques ont aussi été interrogé·es sur leur vision des missions et du rôle des centres de jour.  Voici l’essentiel de ce qui en est ressorti :  

Dans le meilleur des mondes, les centres de jour n’existeraient pas. Dans le nôtre, ils sont indispensables, il s’agit d’un accueil de première ligne où les différents centres peuvent se compléter et offrir un accueil en tenant compte des spécificités de chacun·e. A Bruxelles, le dispositif 86.400 était un excellent exemple de l’entraide entre services de jour.  Une remarque partagée était qu’il fallait plus de moyens pour permettre un meilleur accueil en journée 

Un moment de parole a également été donné pour aborder la situation des personnes sans-papiers et pour aborder des pistes de solutions.  Tou·tes les intervenan·tes étaient d’accord sur le fait que la solution passera par une régularisation avec des critères clairs. 

Après ces interventions, le public a eu la possibilité de poser des questions, dont voici les grandes lignes :  

“Il n’y a pas assez de logement.  Avec la crise Covid, beaucoup de bureaux sont vides. Comment transformer ces bureaux en logements ?”  

Des bureaux vides ne peuvent pas être transformés en logement en un claquement de doigts, cela prend du temps à mettre en place.  Il faut regarder quels bureaux peuvent être transformés dans des coûtes et délais raisonnables.  Une autre piste évoquée est de voir comment utiliser les logements vides au-dessus des commerces à Bruxelles.  

“Comment allier le combat pour le climat et la justice sociale ?” 

Les services de jour subissent les conséquences de ces inégalités. Les personnes sans-papiers qui fréquentent les services de jour viennent notamment de ces régions touchées.  Il faut repenser la ville pour que cela n’empire pas et que cela s’améliore, et rendre la ville moins énergivore et donc moins coûteuse pour les personnes n’ayant pas ou peu de revenus.  Une proposition était d’offrir la gratuité des transports en commun.  Ces pressions sociales vont s’accentuer et il va y avoir un rapport de force entre le profit ou le climat.  Il faut un débat politique sur ce sujet.

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Retrouvez aussi des photos et vidéos de la journée sur Facebook

Dans le cadre de la clôture du Dispositif 86.400
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