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Presse

Après la crise sanitaire, l’UE a une «opportunité historique» pour aider les sans-abri, selon un collectif d’ONG

La situation provoquée par l’épidémie de nouveau coronavirus en Europe, qui a forcé de nombreux gouvernements à héberger en urgence les personnes à la rue, est une «opportunité historique» pour lutter contre le sans-abrisme, selon un collectif d’associations qui publie un rapport jeudi.

Il s’agit du «5e regard sur le mal-logement en Europe», co-écrit par la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (Feantsa) et la Fondation Abbé Pierre (FAP).

Selon ce document, «l’opportunité est historique pour les pouvoirs publics» du Vieux continent qui doivent répondre à la crise en plaçant «l’accès à un logement digne, adéquat et abordable en priorité.» Avec la crise sanitaire, «ce qui semblait il y a six mois encore une utopie s’est avéré possible en quelques semaines: (…) les rues européennes se sont quasiment vidées des personnes sans-abri», a résumé devant la presse Sarah Coupechoux, coordinatrice du rapport pour la FAP, en saluant la «mobilisation générale» de nombreux gouvernements qui ont massivement fait appel à l’hôtellerie pour protéger les SDF du coronavirus.

En France par exemple, le plan hiver a été prolongé comme chez de nombreux voisins (Allemagne, Italie, Espagne, Belgique, Danemark) et environ 15.000 places supplémentaires ont été ouvertes pour accueillir ceux qui étaient «confinés dehors». La plupart des pays européens sont désormais confrontés à la même question: vont-ils progressivement remettre ces sans-abri à la rue ou bien réussir à leur trouver un logement durable ?

L’Union Européenne compte 700 000 sans-abris

Dans ce contexte inédit, «nous pensons que l’Union européenne a un rôle important à jouer», a ajouté Frederik Spinnewijn, le directeur de la Feantsa, même si le logement n’est pas une compétence directe de l’UE et que les textes européens abordant la question sont non contraignants pour les États membres. Selon les estimations de son organisation, au moins 700.000 personnes dormaient à la rue ou en hébergement d’urgence ou temporaire chaque nuit dans l’Union avant la crise sanitaire, 70% de plus que dix ans auparavant.

Le collectif d’ONG souhaite que l’UE «adopte un engagement pour en finir avec le sans-abrisme d’ici 2030», a-t-il détaillé, en réclamant des statistiques précises sur le nombre de sans-abri dans l’Union pour mieux lutter contre ce problème. Selon lui, la Commission européenne doit «encourager» la politique dite du «Logement d’abord», qui consiste à proposer directement aux sans-abri un logement stable, plutôt que de les orienter en centres d’hébergement. Financer cette politique pour 700.000 personnes nécessite «environ 10 milliards d’euros par an», selon les calculs de la Feantsa. Soit «une fraction» du budget à long terme de l’UE (2021-2027), qui prévoit une dotation de 1.074 milliards d’euros, et du plan de relance historique d’un montant de 750 milliards adopté mardi par les États membres.

Invité de la conférence de presse, le commissaire européen à l’Emploi et aux Droits sociaux, Nicolas Schmit, s’est dit «convaincu que la question du sans-abrisme (devait) être à l’ordre du jour des politiques, de manière à produire des changements». «La prochaine période budgétaire ouvrira de nouvelles pistes pour (…) financer des actions pour lutter contre le sans-abrisme. Ces ressources permettront à tous les États membres de procéder à des investissements sociaux, tout en poursuivant les différents objectifs de transition verte et d’inclusion sociale», a-t-il ajouté, citant en exemple la «rénovation des logements».

Source : Le Figaro

Par Le Figaro avec AFP
Publié le 23 juillet 2020 à 12:25
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