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Des dizaines de familles aidées par le Samusocial : « Ca commence à peser lourd mais nous sommes ensemble »

En pyjama de couleur bleu, un bambin déambule dans les couloirs aux tons vifs. Tout proche, à l’étage, une salle pour enfants, décorée de dessins, orne le Samusocial de Forest. Celui-ci propose, aux sans-abri qu’il héberge, un dispositif d’accueil en urgence. Pas moins de 36 familles y ont été recueilles. Personnes expulsées, endettées ou ayant des problèmes d’insalubrité y sont rassemblées. Des être humains, donc, qui se sont retrouvés sans maison du jour au lendemain.

Le Samusocial dresse un constat accablant: on trouve de plus en plus de familles avec enfants dans la rue. Une augmentation qui n’étonne pas. En 2014, la Strada (le centre d’appui au secteur bruxellois d’aide aux sans-abri), comptait 2 603 sans-abri dans la Région de Bruxelles-Capitale. C’est 33% de plus qu’en 2010.

Malgré les difficultés individuelles, chaque famille peut être accueillie par le Samusocial et guidée pour reconstruire son avenir. “On a eu plus de 220 familles en hiver et on a trouvé une solution pour presque toutes, indique Michel Degueldre, président du Samusocial. Notre but est que la famille soit traitée dignement”. Pour cela, le centre peut compter sur près de 400 personnes qui accompagnent continuellement les familles. Lesquelles bénéficient, entre autres, d’un accompagnement psychosocial leur permettant d’accéder aux droits indispensables à l’intégration en société comme la provision d’une aide médicale, une adresse de référence ou encore un revenu d’insertion. “Nous souhaitons un suivi avec eux et une ouverture des droits”, indique Grégory Polus de la direction opérationnelle du Samusocial. Une formation pour les adultes est également organisée avec une recherche d’emploi accompagnée et des cours de français.

Le centre aide par ailleurs les enfants à trouver une école. “Etre dans un centre avec des animations permet aux enfants d’évoluer, de se sociabiliser et de redevenir enfants, ça c’est important”, raconte Samanta Borzi, éducatrice au centre, l’espoir se lisant dans son regard.

Un travail qui n’est cependant pas toujours facile. “Il arrive que les bénévoles tournent dans la ville et tombent sur des parents et enfants qui, malgré le froid, ne souhaitent pas entrer dans le centre”, explique Michel Degueldre. Dans de telles situations, les bénévoles se retrouvent alors coincés et doivent appeler les autorités pour les aider à agir pour elles. “C’est contre leur volonté mais pour leur bien” ajoute-t-il, en faisant comprendre à quel point la situation est humainement complexe, mais portant le témoignage d’un travail essentiel afin de soutenir toutes ces familles bruxelloises sans lieu de vie.

Témoignages

“Je suis content du repas et du logement, grâce au Samusocial, ma petite fille peut apprendre à écrire, relate Alexandru. Je suis venu ici pour trouver un travail mais comme je n’ai pas de papier belge, c’est compliqué. “Alexandru vient de Roumanie, il est venu avec sa femme, Adrianna, et sa petite de 2 ans et demie, Alexandra. Ils ont dormi une nuit à la gare du Midi avant d’être accueillis par le Samusocial. Le centre s’avère être un grand soulagement pour eux. Cela fait maintenant 2 ans qu’ils résident en Belgique.

“J’ai commencé à avoir des problèmes avec mon entourage et l’appartement, j’ai donc décidé de quitter Bruxelles”, exprime John. Passé par une maison d’accueil, une colocation, des hôtels et aujourd’hui un centre, cet ancien habitant de Huy n’a plus de “chez lui” alors qu’il y a un an, il vivait dans un appartement. “J’ai donc décidé de partir en France. J’y suis resté sept mois mais, là-bas, c’est très difficile d’obtenir des papiers (…) Cela fait un an qu’on connait les centres, ça commence à peser lourd. Mais moi et ma famille sommes ensemble, même dans la merde, c’est tout ce qui compte.“ Anciennement ouvrier dans une usine, John s’est fait licencier et mais il est toujours à la recherche d’un emploi. “Etre dans la rue, c’est un problème pour aller travailler, on ne peut pas se laver et les autres le remarquent. La rue c’est une autre vie, il faut réapprendre à vivre par après. dit-il en gardant le sourire. On ne doit pas pleurer car on a des plats trois fois par jour et on dort dans des draps propres.“

Belgique

Marine Meunier (St)

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