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Doulkeridis, bourgmestre d’Ixelles: «Il n’y aura pas de dispositif anti sans-abri à Ixelles»

Le bourgmestre Christos Doulkeridis souhaite plus d’équité sociale mais aussi mettre le citoyen au cœur du processus décisionnel. Avec un message aux citoyens : « Bienvenue chez vous ! »

Alors que la neige tapisse la chaussée d’Ixelles qu’il juge d’ailleurs un brin trop minérale « mais les arbres vont bientôt pousser », Christos Doulkeridis soupire un bon coup avant de se glisser dans son fauteuil mayoral. « Je n’arrête pas », lâche celui qui avait promis de ne cumuler qu’avec sa vie de famille. « Mais même ça, c’est compliqué », dit-il tout en ne masquant pas son intérêt pour sa nouvelle fonction de bourgmestre à plein-temps. « Un des rares jobs qui permet d’avoir une vision à 360º d’une commune ».

Tancé il y a quelques jours par les chefs de groupes MR et Objectif XL pour ne pas avoir, comme le préconise son propre parti, cédé la présidence du conseil communal, le Premier Ixellois s’explique : « Ce n’est pas comme si j’étais bourgmestre depuis 40 ans et que je prenais toute la place. On ne débarque pas quelque part pour tout changer du jour au lendemain. De manière générale, je souhaite mettre en place de nouvelles méthodes de travail. Il faut laisser le temps à la nouvelle majorité de s’installer, il y a beaucoup de nouveaux conseillers qui doivent prendre leurs marques. Présider le conseil, cela ne s’improvise pas. Pour céder cette présidence et nous le ferons, il faudra modifier le règlement d’ordre intérieur et ma volonté est de créer un groupe de travail au sein du conseil communal pour le dynamiser tant sur le plan de la transparence que sur celui de la participation citoyenne ».

Un chantier important, donc mais d’autres sont tout aussi prioritaires, estime Christos Doulkeridis qui nous présente trois dossiers emblématiques pour la législature.

Non aux dispositifs contre les sans-abri

« Nous voudrions que chaque décision améliore l’impact sur les questions climatiques et écologiques, l’équité sociale et l’égalité entre les femmes et les hommes. Il ne peut en tout cas y avoir d’impact négatif sur ces trois aspects-là. C’est notre engagement ». Des instruments ont déjà été mis en place par l’ancienne majorité « mais nous devons aller plus loin et par exemple faire du mainstreaming sur l’ensemble de nos politiques ».

Autre exemple cité : l’interdiction de tout dispositif anti sans abri. « Qu’il s’agisse de l’aménagement d’un banc ou d’une barrière, c’est exclu et nous prenons l’engagement de ne pas l’accepter. Nous devons augmenter les réponses avec des associations spécialisées pour ce public qui est extrêmement défavorisé mais on ne prendra jamais les affaires d’une personne sans domicile pour les jeter à la poubelle comme cela s’est déjà vu par le passé, c’est la maison de quelqu’un qu’on jette en faisant cela et c’est honteux ».

L’écologie au cœur du moteur

Un des slogans répétés à l’envi par les troupes vertes durant la campagne ixelloise. « Nous l’avons traduit dans l’accord de majorité avec cette autre priorité que je place au même niveau car elle va nous aider pour le premier objectif, c’est de co-construire avec les habitants avec les forces vives dans une logique de transition des décisions qui sont utiles au collectif ».

Des réunions en ce sens ont déjà été lancées avec des comités de quartier. Pour aborder les demandes point par point et trouver des solutions, explique le bourgmestre. « Nous mettons autour de la table les associations, l’administration et les membres du collège dans le cadre de nos différentes compétences. En nous positionnant également comme facilitateurs vis-à-vis d’autres niveaux de pouvoir », qu’il s’agisse d’une autre commune, de la Région ou encore du fédéral. « Je l’avais dit durant la campagne, le citoyen ne doit pas payer la complexité institutionnelle de ce pays et son interlocuteur le plus proche, c’est la commune ».

Au menu, pointons notamment des discussions avec les communes limitrophes sur le stationnement. « Je voudrais également avancer sur les cantines scolaires en bio avec d’autres communes pour construire une ceinture alimentaire comme il en existe à Liège ou à Charleroi. A la Ville de Bruxelles, mon collègue Benoît Hellings (Ecolo) a envie de donner une connotation plus biologique aux produits utilisés dans les cantines. Dans les autres communes proches de nous, on trouve aussi des majorités sensibles à cette question. C’est dans cette direction qu’il faut aller en travaillant avec des associations tout en décloisonnant pour nous permettre de trouver des solutions comme le fait d’éviter de passer par des marchés publics de services qui sont très complexes alors qu’avec des cantines qui dépendent de nous, c’est plus simple à gérer, notamment pour le choix des prestataires. Ce “nous” peut donc être la commune ou un ensemble de communes. On peut également, comme le fait Stéphane Roberti (Ecolo) à Forest, réfléchir ensemble sur le thème de l’eau. ». Même topo pour les potagers de Boondael. « Pourquoi ne pas les inscrire dans un projet de ceinture verte en lien avec l’alimentation ? Dans le contrat de quartier de la rue Gray, par exemple, il y a également un projet de potagers. Notre rôle, c’est n’est pas de nous substituer aux associations mais de faire du lien ».

https://plus.lesoir.be/202146/article/2019-01-22/doulkeridis-bourgmestre-dixelles-il-ny-aura-pas-de-dispositif-anti-sans-abri

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