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La bactérie « mangeuse de chair » fait des ravages chez les sans-abri

On l’appelle la bactérie « mangeuse de chair ». Son nom scientifique : le streptocoque de type A. Une infection de la peau qui peut, dans certains cas, dégénérer en nécrose et mener à la chirurgie. Selon une étude du FNRS, les sans-abri sont cent fois plus susceptibles de la contracter.

« Regarde comment je suis arrangé », dit Michel à Coralie, l’infirmière de La Fontaine. Cette asbl propose aux sans-abri de prendre des douches gratuitement toute la semaine. Michel souffre d’eczéma. Une petite inflammation de la peau peu grave si elle est bien soignée. Et pourtant, c’est le genre de terreau idéal pour le développement du streptocoque de type A. « Régulièrement ils ont des problèmes de peau. Les gens se grattent et font des infections sur leur peau », explique Coralie Guaveïa, infirmière.

Dans le laboratoire de bactériologie moléculaire de l’ULB (LHUB), Nicolas Dauby étudie le streptocoque de type A depuis trois ans déjà. Pour lui, le constat est sans appel : les sans-abri sont beaucoup plus touchés par ce type d’infection bactériologique. « Près de la moitié des patients hospitalisés avec un streptocoque de type A était sans-abri », confirme-t-il.

Un constat qui s’explique par plusieurs facteurs. « Le manque d’hygiène, la promiscuité et le fait d’avoir des plaies chroniques non soignées » sont, selon Nicolas Dauby, les causes premières d’une infection au streptocoque de type A. Résultat : les sans-abri ont cent fois plus de risque de contracter cette infection avec dans 10% des cas des complications qui mènent au décès du patient SDF.

Une hygiène de base comme bouclier

Dans les cas les plus graves, l’infection peut dégénérer en « fasciite nécrosante ». Les tissus sous-cutanés sont alors infectés, vont se nécroser et conduire dans certains cas à la chirurgie pour tenter d’arrêter la propagation.

Mais avant d’en arriver là, certains gestes de base peuvent sauver. Une douche quotidienne et une désinfection systématique des plaies ouvertes peuvent empêcher la bactérie de s’installer. En cas d’infection, un traitement antibiotique est aussi possible. Reste que ces petits gestes simples sont parfois beaucoup plus compliqués, une fois dans la rue.

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