skip to Main Content
Visuel Article Base

Pauvreté, pouvoir d’achat, qualité de vie: où se situe la Belgique ?

Vit-on bien en Belgique ? La Belgique est-elle un pays où il fait bon vivre sur un plan socio-économique ? Selon Anne-Catherine Guio, chercheuse à l’IWEPS, « le revenu moyen des Belges est tout à fait dans la moyenne européenne. Mais si on regarde l’inégalité, la distribution de ce revenu entre les Belges, on peut voir qu’il y a un certain nombre de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté ».

En Belgique, ce seuil de pauvreté est fixé à 1100 euros pour un isolé, à 2400 euros pour une famille de deux enfants et de deux adultes. « Malgré le fait que ce seuil de pauvreté soit assez bas, on voit qu’un Belge sur six est en situation de pauvreté », explique Anne-Catherine Guio.

Les ménages sans emploi

Si ces chiffres sont « assez stables au niveau de la population globale », explique Anne-Catherine Guio, « quand on observe plus finement les chiffres, notamment par groupes à risque, on voit qu’il y a vraiment un glissement de la pauvreté, vers les populations d’âge actif. On voit donc vraiment que les personnes âgées sont moins pauvres qu’avant, mais au détriment de la population d’âge actif, en particulier des ménages sans emploi. Il y a vraiment un accroissement énorme de la pauvreté des ménages sans emploi ».

Par ailleurs, ajoute Anne-Catherine Guio, « 85% des ménages sans emploi avec enfants sont sous le seuil de pauvreté. On voit aussi qu’il y a un glissement du risque de pauvreté qui a terriblement augmenté pour les ménages où les personnes ne sont pas suffisamment formées, donc soit elles n’ont pas d’emploi, soit elles ont des emplois peu rémunérés. On voit là aussi que le taux de pauvreté de ces personnes a doublé ces dernières années. Donc, il y a quand même des tendances lourdes qu’on retrouve d’année en année et qui se confirment au fur et à mesure des enquêtes ».

Comment expliquez-vous qu’on ne parvienne pas à lutter contre cette pauvreté ? Selon Anne-Catherine Guio, les ménages sans emploi « ne sont pas suffisamment protégés avec les transferts sociaux. Il y a une inadéquation des transferts sociaux pour atteindre le seuil de pauvreté. Cette question des ménages sans emploi est très intéressante parce qu’on parle beaucoup de ‘jobs jobs jobs’, mais il faut vraiment se demander à qui profite la croissance de l’emploi. On a vraiment vu, notamment avant les années de crise, que la croissance économique et la croissance de l’emploi ne réglait pas ce problème de ménages sans emploi. Donc là, il y a vraiment des politiques spécifiques à mettre en place pour pouvoir aider ces ménages à retourner sur le marché du travail, et surtout à avoir un travail de qualité qui leur permette vraiment de sortir de la pauvreté’.

L’origine socio-économique de l’enfant détermine sa réussite scolaire

La pauvreté a aussi des conséquences sur les enfants, souligne-t-elle. « Les conditions de logement sont précaires, leur santé en pâtit. L’alimentation n’est pas suffisante, leur santé en pâtit. On parle beaucoup d’obésité des plus pauvres. On parle aussi de problèmes de réussite scolaire, et de ce point de vue là, notre pays ne performe pas bien », explique Anne-Catherine Guio. « Clairement, l’origine socio-économique de l’enfant détermine sa réussite scolaire. Aussi, en termes de stress financier que l’enfant subit au quotidien, ça se transmet en termes d’estime de soi, etc. »

Source: RTBF.be – Publié le jeudi 04 avril 2019

https://www.rtbf.be/info/economie/detail_pauvrete-pouvoir-d-achat-qualite-de-vie-ou-se-situe-la-belgique?id=10187734

odio accumsan libero. Nullam sed diam suscipit vulputate, quis, ante. in neque. Back To Top
X