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Voici comment votent les SDF à Charleroi

La DH est allée à la rencontre des sans-abri carolos pour parler politique.

On les a mis de côté, ils n’ont pour la plupart plus le droit à un logement décent ou au travail. Que ça soit par choix, par misère sociale, ou à cause de manquements de notre système, les SDF sont, dans les faits, hors de la société.

On s’est dès lors posé la question de la participation aux élections : ce droit de vote est-il également inexistant pour eux ? Est-ce que ça les intéresse ou bien ils s’en fichent ? Avant de répondre à ces questions, faisons le point théorique.

Un SDF, s’il possède une adresse de référence (ce qui est loin d’être le cas pour tous), a le droit de vote. Il y recevra une convocation, comme tout Belge. S’il possède une nationalité de l’Union européenne, il pourra aller s’inscrire pour voter aux communales. Il faut également qu’il ne soit pas déchu de ses droits : certains ont fait de la prison, et selon la raison qui les y a amenés, ils ont parfois perdu leurs droits pour un certain nombre d’années. On peut plus ou moins résumer la situation comme suit : si un sans-abri touche le revenu d’insertion sociale du CPAS, il a le droit d’aller voter.

Mais dans les faits , qu’en est-il ? Pour tenter de répondre, nous avons parcouru les rues de Charleroi.

Un tour dans les rues de Charleroi

Il y a à boire et à manger dans les retours avec deux constantes : les SDF carolos, qui ont voulu rester anonymes, ne savent tout simplement pas s’ils auront une convocation dans les prochains mois pour aller voter. Et s’ils vont aux urnes, ça ne sera pas un vote pour le MR, très mal vu dans le milieu, sans que les raisons ne soient clairement établies.

« Je ne vois pas l’intérêt. Je vote PS, parce que je trouve que ce sont les plus passifs, même si je serais plutôt Ecolo… explique Abdel. J’essaye d’être un bon citoyen, mais si je pouvais, je ne voterais pas. Je n’y crois plus. »

Plus loin, dans la rue de la Montagne, Damien répond du tac au tac : « Voter ? Pour qui ? Pourquoi ? Je n’ai pas d’adresse, et de toute façon je m’en fous. Même si j’avais un logement, je penserais pareil. »

Alexis, devant Rive Gauche avec son chien, est beaucoup plus concerné : « Je ne savais pas que j’avais le droit de voter ! On vient de me donner une adresse de référence, je vais voir pour avoir le papier pour voter. Si je ne vote pas, le MR ou des extrémistes risquent de passer, et ça, je n’en veux pas ! Pour tout vous dire, j’irais bien m’inscrire sur les listes, parce que j’ai l’impression que les politiciens ne font pas toujours tout ce qu’ils peuvent. Un peu de franc-parler ne ferait pas de mal. »

La question de la politique, tous ceux que l’on a interrogés se la sont posée. Mais ça leur semble aussi quelque chose de très éloigné de leur quotidien. Comme si, eux-mêmes, se considéraient comme des citoyens de seconde zone.

Et se pose alors, pour beaucoup, l’épineuse question des partis extrémistes, radicaux ou populistes.

Denis Uvier
© D.R.

« Attention aux extrémistes »

« Nation » et d’autres mouvances issues de l’explosion du FN belge rencontrent un certain succès auprès des sans-abri.

« Ça m’inquiète, reconnaît Denis Uvier de l’ASBL Solidarités Nouvelles. Ils sont plusieurs à être motivés par l’extrême droite, notamment parce qu’ils sont persuadés que tout est fait pour les migrants, et rien pour eux. Même si c’est faux. »

Pour les SDF carolos, la politique, c’est la loi mendicité qui facilite leur arrestation, et la police qui les dégage de leurs petits coins. Alors que, en face, la propagande populiste leur offre de la soupe, leur dit ce qu’ils veulent entendre et les héberge le week-end, même si ce n’est qu’en période électorale… et ça marche.

Jean van Kasteel

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