skip to Main Content
B9711692396Z.1 20170411110806 000GQR8S57CE.1 0 Bspline

72 sans-abri sont morts en 2016

Le collectif « Les Morts de la Rue » a pris connaissance de la mort de 72 hommes et femmes qui vivaient ou ont vécu dans la rue. Une nette augmentation par rapport à 2015 (55 décès).

Comme chaque année, le collectif « Les Morts de la Rue », recense le nombre de SDF décédés dans l’année. En 2016, 72 personnes vivant ou ayant vécu dans la rue sont mortes à Bruxelles, mais ce chiffre peut être plus élevé compte tenu des décès qui ne sont pas rapportés. Le nombre de morts chez les sans-abri est en nette augmentation comparé aux 55 décès recensés en 2015. « Jusqu’à présent, nous avons voulu être nuancé, mais les chiffres n’ont cessé d’augmenter depuis douze ans que le collectif existe, nous dit Bert de Bock, coordinateur du collectif. Avec 72 décès cette année, on constate que les chiffres ont triplé depuis 2005 », ajoute-t-il.

Le collectif « Les Morts de la Rue » répertorie le décès de personnes qui vivent ou qui ont vécu dans la rue. « Une personne SDF n’est pas tout le temps dans la rue. Elle a souvent un parcours morcelé dans différents lieux de vie, cela peut-être des centres d’accueil, chez des amis, à l’hôpital », explique Bert. Parmi les 72 personnes décédées en 2016, 40 d’entre elles vivaient effectivement dans la rue au moment de leur mort. « Nous avons constaté que dans ce groupe, la première nationalité représentée est les Polonais », annonce le coordinateur du collectif. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il y a une importante communauté polonaise en Belgique. «  Sans stigmatiser cette communauté, on remarque qu’il y a une libre circulation des personnes mais pas de libre circulation des droits. » Beaucoup de personnes qui émigrent de ce pays arrivent en Belgique et rentre dans l’économie parallèle, le travail au noir. « Ils n’ont donc pas de filet de sécurité », commente Bert. « C’est interpellant lorsque l’on sait qu’une personne vivant dans la rue à 50 % de chance de mourir sur la voie publique. »

« Les Morts de la Rue », grâce à son réseau de bénévoles, a pu composer une liste qui reprend les noms et les âges des défunts. Le collectif travaille à combattre l’idée reçue selon laquelle les SDF meurent plus en hiver. « Nous n’avons pas eu de décès du froid. Les plans d’urgence, c’est bien, mais pour nous, il faut mettre en place des solutions structurelles qui facilitent l’accès au logement. » Parmi les principales causes de mort, on retrouve les cancers qui sont de toute évidence liés à des comportements à risque, comme la consommation d’alcool, de drogue et le tabagisme. Les sans-abri sont de fait une population à risques, leurs conditions de vie affectent leur santé. « En général, il n’y a pas une seule cause mais une multitude de facteurs, le stress constant, le fait de mal dormir, les maladies mal soignées qui sont à l’origine des décès de SDF », conclut Bert de Bock.

J.C.

Adieu aux morts de la rue

Comme chaque année, le collectif « Les Morts de la Rue », organise en collaboration avec la Ville, une cérémonie d’hommage aux sans-abri disparus. Elle se tiendra le 3 mai à l’Hôtel de Ville en présence des proches des défunts qui témoigneront. La cérémonie sera interconvictionnelle. Cette année, des représentants des cultes chrétiens, islamique et judaïque et un représentant de la pensée laïque témoigneront. Des musiciens et des poètes se produiront.

mi, risus. Sed elit. non venenatis, justo elementum Back To Top
X