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Les dons au Samusocial sont en chute vertigineuse

L’ASBL met tout en œuvre pour restaurer son image auprès de l’opinion publique et de ses donateurs.

À l’approche du grand froid, le Samusocial tente de restaurer son image auprès de ses donateurs après l’éclatement du scandale lié aux rémunérations des administrateurs-délégués de cette ASBL en charge de l’hébergement et de l’accompagnement des sans-abri de la capitale.

« Nous enregistrons, par rapport à la même période de l’année précédente, une importante diminution des donations. Nous sommes en effet passés de près de 33.000 € mensuels à 21.000 € mensuels », explique Christophe Thielens, le porte-parole du Samusocial. « On parle ici des dons octroyés par les particuliers qui versaient des sommes allant de quelques euros à plusieurs dizaines d’euros par mois via domiciliation. »

Conséquence directe de cette affaire : plusieurs contrats à durée déterminée n’ont pas pu être reconduits. « Une bonne dizaine de contrats à durée déterminée n’ont pas été renouvelés mais il convient de nuancer cette donnée. En effet, certains n’auraient de toute façon pas été reconduits, même sans la crise actuelle. Mais d’autres qu’on voulait reconduire car les dons étaient en pleine croissance avant le scandale, n’ont pas pu l’être », précise Christophe Thielens.

Si la situation perdure, certaines actions de l’ASBL pourraient passer à la trappe. On pense ici au projet pilote Medihalte, mis sur pied en 2015 et qui prévoit un centre d’hébergement médicalisé pour aider les sans-abri qui ont besoin d’une hospitalisation. « On espère maintenir ce projet pilote qui vit principalement de dons et qui a bénéficié d’un financement du fédéral. On espère dès lors que les dons ne vont plus trop chuter. Il est toutefois prématuré d’en dire plus à l’heure actuelle », ajoute Christophe Thielens.

Le porte-parole du Samusocial explique également que l’objectif à présent est de restaurer la confiance des donateurs. « Nous avons envoyé un mail la semaine dernière pour présenter les membres du nouveau conseil d’administration et pour montrer notre volonté de travailler dans la transparence la plus totale, notamment en matière de gouvernance », conclut Christophe Thielens.

Les dernières auditions du Samusocial dans le cadre de la commission d’enquête se sont tenues ce mardi au Parlement bruxellois avec l’audition de l’inspecteur régional des Finances. Les commissaires doivent à présent s’atteler à la rédaction de leur rapport et de leurs recommandations. Le rapport définitif est attendu pour la fin de l’année.

Le cri d’alarme d’une asbl qui vient en aide aux plus précarisés: “Le Plan hiver est inhumain”

Suite à la crise du Samusocial, le secteur associatif réclame une refonte de la politique de lutte contre le sans-abrisme.

“En Belgique, on gère le sans-abrisme comme on gère un ouragan aux Bahamas. Dans l’urgence.” Derrière le scandale politico-financier du Samusocial, comme le pointe Coralie Buxant, coordinatrice de Housing First, se cache une autre crise. Celle de l’aide aux personnes qui vivent dans la rue.

À l’approche du Plan hiver, le secteur associatif réclame une refonte de la politique de gestion du sans-abrisme. Rencontre avec Laurent D’Ursel, président de Doucheflux, une asbl qui vise à faciliter la réinsertion des plus personnes vivant dans la précarité.

Ces dernières années, le Samusocial a raflé une grande partie de l’enveloppe budgétaire destinée à la lutte contre le sans-abrisme. Où en est-on aujourd’hui ?

C’est une question difficile parce qu’elle est politique. Aujourd’hui, c’est l’occasion de rebattre les cartes. Deux éléments sont à prendre en compte aujourd’hui : la crise du Samusocial et le dernier comptage de la Strada (une association qui a récemment dénombré 3.500 sans-sabri à Bruxelles, soit le double d’il y a 8 ans, NdlR). Face à cela, le constat est sans appel : les politiques de lutte contre le sans-abrisme sont un échec. Et, personnellement, je ne comprends pas comment le Samusocial a coûté aussi cher. Donnez les 10 millions (alloués au Samusocial par la Commission communautaire commune annuellement, NdlR) au secteur associatif et je vous garantis qu’on fait mieux que ça ! Beaucoup d’associations galèrent pour s’en sortir, on voit des millions d’euros passer et pourtant, les sans-abri sont plus nombreux qu’avant.”

Quels sont les éléments à prendre en compte pour une politique plus efficace ?

Tout d’abord, il faut mettre l’accent sur la prévention. Il y a des milieux où l’on peut plus facilement ‘tomber dans la rue’. Quand on sort de prison, quand on est des victime de violences conjugales, quand on fait faillite, etc. Il faut absolument y faire de la prévention, repérer les personnes qui pourraient tomber dans la rue pour éviter que cela n’arrive pas ! Economiquement, mentalement, socialement, c’est une bêtise sans nom de ne pas le faire. Il y a aussi la question des logements. Vous avez vu les files d’attentes pour les logements sociaux ? On parle parfois de dix ans ! Alors vous n’imaginez pas pour des gens qui n’ont vraiment rien… La rue est une violence terrible qui fragilise des gens déjà fragilisés. Sans logement, rien ne suit. Enfin, il faut également travailler sur l’accompagnement. Il y a énormément d’initiatives dans le secteur mais pas assez de moyens pour l’assurer. Or, rien que la reprise de confiance en soi prend énormément de temps.”

Le Plan hiver va bientôt démarrer. C’est une bonne chose ?

C’est incensé ! Il faut un Plan toute l’année. Quand on y réfléchit 4 secondes, c’est juste incensé. Il faut aussi arrêter de croire que le sans-abrisme est moins pénible en été qu’en hiver. Statistiquement, les gens meurent autant en été qu’en hiver. Et leurs problèmes ne disparaissent pas le 1er avril, quand le Plan hiver prend fin. Les remettre dans la rue, ça revient à dire sauve-toi, tu survivras, t’es un duir à cuire’. C’est inhumain de faire ça !”

http://www.dhnet.be/regions/bruxelles/les-dons-au-samusocial-sont-en-chute-vertigineuse-59ef8ca3cd70ccab36b1f8cb

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