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Liège : « Ceux qui attendent le plus de vous »: sensibiliser au sort des SDF en période de campagne électorale

Une campagne d’affichage un peu particulière ce mardi à Liège, dans le quartier Saint-Léonard. Une dizaine de citoyens sont venus recouvrir les panneaux électoraux, sur lesquels figurent des candidats pour les prochaines élections, de photos de SDF. Parmi celles-ci apparaît un slogan: « Ceux qui attendent le plus de vous ».

Une action qui entend rappeler aux futures élus de bien vouloir prendre en compte la réalité des personnes qui vivent dans la rue, née de l’initiative de Christian, un ex SDF. Depuis plus ou moins trois mois, Christian a quotidiennement photographié des sans-abris liégeois. Ces photos ont été imprimées en grand format pour être collées sur des panneaux électoraux. Philippe Mercenier, citoyen liégeois, s’est fait le porte-parole de cette action symbolique:  » Il faut savoir qu’à Liège, il y a 1.800 sans abris. Il n’y a plus de mots pour décrire le fait que des êtres humains vivent, survivent plutôt, dans la rue. Il y a régulièrement des gens qui meurent dans la ville et c’est inadmissible. Il n’y a plus de mot alors on met des photos. »

Simon, 43 ans, dans la rue depuis huit ans

« Il ne faut pas oublier que derrière chaque photo, il y a réellement une personne qui vit dehors, qui dort sur le trottoir. Il a fait sept, huit degrés la nuit dernière. Plutôt que de faire des lois anti squat, des dispositifs anti sdf sur les bancs publiques, qu’on essaye plutôt de nous aider. C’est pas le pauvre qu’il faut combattre. C’est la pauvreté. »

Ludwig, 44 ans, dans la rue depuis douze ans

« Nous savons que coller ces photos de sans-abris sur les panneaux électoraux n’est pas légal. Mais à partir du moment où l’Etat est violent est avec nous, pourquoi ne serions-nous pas violents, à notre façon, avec l’Etat. Car nous ne nous en prenons à aucune personne en particulier. » Ludwig dénonce la stigmatisation dont les sans-abris font l’objet et la violence que celle-ci entraîne à leur égard:  » Personnellement on m’a déjà pissé dessus, on m’a craché dessus, on m’a déjà frappé pendant la nuit…Actuellement, aucun parti ne propose de solutions viables. On ne parle que de sécurité. Il n’y a pas d’accompagnement. Est-ce qu’il y a un seul politicien qui vient nous rencontrer dans la rue, qui est là ce mardi? Non! Nous avons des revendications. Nous ne sommes pas que des gens assis dans la rue qui demandent de l’argent. »

Deux heures à peine après la fin de l’action, les services de la Ville sont venus nettoyer les panneaux au Kärcher. Une action qui devrait encore être menée d’ici les élections dans d’autres villes. Namur, Charleroi et Mons.

 

Bénédicte Alie

Publié le mercredi 26 septembre 2018 à 17h53
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